Logements vacants : carotte ou bâton ?

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Publié par Wizi le 17/08/2026

            Bonjour, je suis Julien, CEO de Wizi, MorningCroissant et Knock Knock
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                                                  Bonne lecture.

          La France, comme d’autres pays européen, souffre d’une pénurie grave de logements à louer malgré 1,1 million de logements du parc privé vacants depuis au moins deux ans (selon le ministère de la Transition écologique) donc à priori mobilisables.

         De nombreuses voix s’élèvent donc pour « simplement » forcer les propriétaires à ramener ces logements dans le parc locatif, en occultant que toute mesure contraignante provoque des réactions d’évitement qui la rendent caduque, ce que le gouvernement portugais a bien compris !

Un paradoxe : logements vides et crise du logement !

        Le paradoxe portugais ressemble étrangement à celui que connaissent de nombreux pays européens, d'un côté, une pénurie de logements disponibles qui fait exploser les prix (selon Eurostat, les prix des logements portugais ont augmenté d'environ 180 % entre 2015 et fin 2025) et de l'autre, des centaines de milliers de logements qui restent hors du marché.

       Le gouvernement portugais estime aujourd'hui à environ 250 000 le nombre de logements vacants susceptibles d'être mobilisés, à comparer à environ un million de logements actuellement loués dans le pays.

       Face à ce constat, le précédent gouvernement avait adopté en 2023 une réponse assez radicale dans le cadre d’un programme qui permettait, sous certaines conditions, de recourir à la location forcée de logements vacants, logique imparable si le marché immobilier ne dépendait pas de comportements humains ?

Simplement redonner envie de louer ?

        Ce programme a donc rapidement trouvé ses limites et, devant cet échec, après avoir tenté de contraindre les propriétaires à louer leurs logements vacants, le pays vient d'opérer un virage étonnant : désormais, il veut leur redonner envie de louer.

       En 2024, changement de gouvernement et changement de philosophie : le mécanisme de location forcée est supprimé et le gouvernement explique alors que cette mesure était « hautement pénalisante pour la propriété privée » et susceptible de décourager l'investissement résidentiel.

       Deux ans plus tard, le Portugal pousse cette logique beaucoup plus loin et en juillet 2026, le gouvernement présente une nouvelle réforme du marché locatif pour augmenter l'offre en restaurant la confiance dans le marché locatif avec des mesures telles que : une procédure d'expulsion accélérée, la possibilité d'engager cette procédure après deux mois d'impayés contre trois auparavant, une meilleure prise en compte des retards de paiement répétés, davantage de liberté concernant le renouvellement des baux, la suppression anticipée de certains mécanismes de contrôle des loyers et une fiscalité attractive !

Bientôt en France ?

       Une partie de ces dispositions doit encore suivre le processus parlementaire portugais et on ne peut pas encore affirmer que cette nouvelle politique permettra effectivement de remettre massivement des logements vacants sur le marché, mais on peut se féliciter du changement de paradigme.

       Au Portugal on est ainsi passé de la contrainte à l’incitation, une expérience qui mérite d'être suivie attentivement en France où l’on cherche aujourd'hui désespérément à augmenter l’offre locative !

  

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